Comment cultiver son optimisme en période difficile ?

L’optimisme constitue un formidable atout. Ses bénéfices sont étudiés par les chercheurs depuis plus de 25 ans. Ses effets positifs sur la santé, le bien-être et la performance professionnelle sont dorénavant reconnus. Très bien. Maintenant, reconnaissons que nous traversons tous, à un moment ou un autre, des périodes qui n’encouragent pas un enthousiasme débordant. Dans ces moments difficiles où l’optimisme est pourtant plus que jamais nécessaire, comment le cultiver ? 

Un atout pour la santé et les performances scolaires, sportives et professionnelles

Dès 1989, Scheier et son équipe de chercheurs ont montré qu’après une intervention chirurgicale, les patients optimistes se rétablissaient mieux que les autres. Et des études plus récentes indiquent que les optimistes souffrent moins de dépressions et de solitude. En effet, ils sont plus sociables et perçus comme plus agréables. Ils vivent plus longtemps et en meilleur santé que les pessimistes qui, eux, sont plus souvent victimes de cancer ou de maladies cardio-vasculaires. Il faut dire que les optimistes prennent davantage soin de leur forme physique, ils font plus d’exercices et consomment, en moyenne, moins de sucreries, d’excitants et d’alcool.

Au niveau des performances, qu’elles soient scolaires, sportives ou professionnelles, l’optimisme est également un atout de taille. Les étudiants optimistes entrant en première année d’université s’adapteront plus rapidement et obtiendront, en moyenne, de meilleures notes. Une étude faite sur des étudiants de l’école militaire de West Point, montre également l’influence positive de l’optimisme sur leur réussite académique.

Une recherche a été conduite sur l’optimisme des nageurs de haut niveau (1). Lors d’une séance test, l’entraineur donnait un (faux mais crédible) feed-back d’échec (contre-performance de 1 à 5 secondes selon les courses). Après un repos de 30 minutes, un second test a été réalisé. Il est apparu que la performance des nageurs les plus pessimistes s’est détériorée, alors que ce ne fut pas le cas pour les nageurs plus optimistes.

Une autre étude a été menée auprès de commerciaux nouvellement embauchés de la Metropolitan Life Insurance Company (2). Ces commerciaux lors du processus de recrutement ont, entre autre, été évalués sur leur degré d’optimisme et de pessimisme. Il est apparu que les vendeurs les plus optimistes ont vendu dès la première année 21 %, de plus que leurs collègues pessimistes… Et 51 % de plus, la seconde année ! Par ailleurs, les 10 % les plus optimistes vendaient 88 % de plus que les 10 % plus pessimistes. Plus satisfaits de leur emploi, ils démissionnaient, aussi, deux fois moins.

Il ne s’agit donc pas de s’enliser dans un optimisme béat mais de renforcer cet « optimisme, compagnon de l’effort », cher à Léon Daudet. C’est celui-ci qui fait défaut dans les moments difficiles.

Trois moyens simples pour vous forger une force optimiste
Etre conscient des nombreux bénéfices de l’optimisme est un premier pas, mais ce n’est pas suffisant. « L’optimisme de volonté » du philosophe Alain, ne se décrète pas. Il se travaille.

1) Cultiver sa gratitude

Quelles que soient les difficultés que vous rencontrez, quel que soit votre niveau d’énergie mentale, vous disposez d’un moyen simple et efficace pour balayer la grisaille de votre esprit. Pensez à ce que les autres ont fait pour vous. Aujourd’hui, hier, ou dès votre enfance, peu importe. Regardez d’un œil nouveau, ces petites attentions et services dont vous bénéficiez. Ressentez maintenant le bien-être qui se diffuse dans votre corps. La chercheuse française Rébecca Shankland mentionne ainsi que les individus faisant régulièrement preuve de reconnaissance sont « plus heureux, plus énergiques, plus optimistes… » (3). Notamment parce que la gratitude vous aide à diriger votre attention sur les choses les plus heureuses de votre vie. Il en découle une meilleure mémorisation des événements positifs, une amélioration de votre sociabilité et de votre estime personnelle. Ce n’est pas en vain que le philosophe Comte-Sponville décrit la gratitude comme « la plus agréable des vertus et le plus vertueux des plaisirs ».

Plusieurs manières s’offrent à vous lorsque vous souhaitez cultiver votre gratitude. L’une des approches, les plus prometteuses (notamment en thérapie) a été développée par les chercheurs Emmons et MCullough. Faites bon usage de cette méthode : « Il existe beaucoup d’événements dans nos vies, à la fois petits et grands, qui pourraient susciter en nous un sentiment de reconnaissance. Repensez à la semaine qui vient de s’écouler et écrivez jusqu’à cinq événements de votre vie envers lesquels vous vous sentez reconnaissant ou qui vous incitent à exprimer votre gratitude. » Les recherches suggèrent que le soir est le moment optimal, notamment pour l’impact positif qu’engendre cet exercice sur le sommeil.

Une nouvelle étude a montré des résultats intéressants, il s’agissait simplement de se concentrer sur une personne pour laquelle on éprouve de la gratitude. Qu’ai-je reçu de sa part ? Qu’est-ce que j’ai pu lui offrir ? La première question permet de découvrir tous les bienfaits reçus. La deuxième aide à réfléchir aux moyens employés pour exprimer sa gratitude envers les autres.

3) Les ombres de votre tableau participent à sa beauté

Dans une de ses savoureuses fulgurances, Oscar Wilde énonçait que « le pessimiste est celui qui, entre deux maux, choisit les deux ».
Rappelez-vous que tout est une question de (re)cadrage ! Pour les irréductibles pessimistes, cet exercice vous sera très utile. Il s’agit dans un premier temps de reconnaitre et de traquer les croyances, certitudes, idées fixes qui alimentent votre schéma de pensée négatif.
Mettez-les sur papier. Cela peut être : « je dois toujours être le meilleur », « je ne suis pas à la hauteur », « les gens s’en foutent de moi »…
Puis à vous de les remettre en question et de les substituer par des pensées plus constructives. Faites-vous aider par un ami optimiste, et cela peut se transformer en jeu amusant.

3) Une bonne stratégie : atteindre ses objectifs sans avoir à se battre

Combattre son pessimisme en étant pessimiste, peut donner l’impression du serpent qui se mord la queue. Aussi nous pouvons contourner l’obstacle avec succès, en utilisant une autre méthode qu’une stratégie mentale.

Le corps et notamment l’activité physique dispose d’un impact majeur sur notre esprit. Une simple course à pied de 20 minutes, et les endorphines afflueront dans votre cerveau, chassant la brume et éclaircissant les possibilités qui s’offrent à vous. Les effets de l’activité physique sur le bien-être sont établis. En augmentant les niveaux de sérotonine et dopamine, l’activité physique conduit à une amélioration de l’humeur et du niveau d’énergie. Et elle nous permet également de nous sentir plus confiant dans nos capacités à compléter nos objectifs ! (4)

Pour tout dire, je dois confesser que l’écriture de cet article a bien failli être plus que laborieuse. Je me suis attablé à la construction de cette tribune, après avoir visionné un documentaire des plus pessimistes. Lorsque votre esprit est empreint du « pessimisme de la connaissance » et que vous souhaitez aider des hommes et des femmes à cultiver leur optimisme, vous êtes face à une difficulté. Ou plutôt, non. Vous tenez une belle opportunité : mettre en pratique ce que vous vous apprêtez à conseiller ! J’ai enfilé mes baskets, couru 20 minutes, en pensant aux sympathiques attentions de mes colocataires, de ces derniers jours. Résultat, je conclus cet article, le sourire aux lèvres.
(1) Seligman, M.E.P., Nolen-Hoeksema, S., Thornton, N., and Thornton, K.M. (1990). Explanatory style as a mechanism of disappointing athletic performance.
(2) Seligman, M. and Schulman, P. (1986), Explanatory style as a predictor of productivity and quitting among life insurance agents, Journal of Personality and Social Psychology
(3) Shankland, R. (2009) « Psychologie de la gratitude » in J. Lecomte, Introduction à la psychologie positive. Dunod (4) Mutrie, N., & Faulkner, G. (2004). Physical activity : Positive psychology in motion. In Linley, P. A., & Joseph, S. (Eds.), Positive Psychology in Pratice (pp. 146-164). Hoboken, NJ : Wiley.
Source : www.focusrh.com/tribunes/comment-cultiver-son-optimisme-en-periode-difficile-par-romain-bourdu.html

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