C’est décidé, je cultive l’optimisme

La quête de l’optimisme : un marché porteur
Avec les Français, champions du monde du pessimisme, l’édition a trouvé un marché de taille. De « Tous programmés pour l’optimisme ! » (1), « Comment devenir un optimiste contagieux » (2), « Optimiste, guide pratique pour voir la vie du bon côté » (3)… ces livres martèlent le même message : tout le monde peut voir le verre à moitié plein à condition de savoir comment s’y prendre.

Les neurosciences évaluent pourtant nos prédispositions génétiques à l’optimisme entre 30 et 50 % : c’est beaucoup ! Selon une étude néo-zélandaise menée en 2003, un gène, en particulier, serait concerné. Plus le 5 HTT serait long, plus le cerveau secréterait de sérotonine, un neuromédiateur régulant nos humeurs.

Des chercheurs de la New York University sont même parvenus, quatre ans plus tard, à localiser une « zone de l’optimisme » dans le cerveau moyen (juste derrière les yeux), plus ou moins réactive selon les individus…

Heureusement pour les moins bien lotis d’entre nous, les récents travaux sur la plasticité neuronale laissent supposer que l’optimisme peut se cultiver et le cerveau se modifier en conséquence. Car il suffirait de trois occurrences réussies d’un certain type de comportement pour créer une habitude positive et la maintenir dans le temps.

L’optimisme ne serait donc qu’une simple affaire d’entraînement et de persévérance ? Oui, répond Martin Seligman, fondateur de la psychologie positive, persuadé qu’on ne naît pas optimiste ou pessimiste, mais qu’on le devient… avec l’aide de son hérédité ou malgré elle. Et si on faisait le test ?

Partager au moins une bonne nouvelle par jour
– Le constat : « L’optimiste a tendance à généraliser le positif, observe Cécile Neuville, psychologue spécialisée en psychologie positive et auteure de « Le secret du bonheur permanent » (Leduc. s Editions). Pour lui, chaque événement heureux influence positivement tous ses autres vécus. »

– L’exercice : Il vous arrive quelque chose d’appréciable ? Ne le gardez surtout pas pour vous, par peur de susciter la jalousie ou de paraître vantarde ! Partagez-le !

– Les bénéfices : Quand on se remémore un souvenir heureux, le cerveau limbique (siège des émotions) active le « circuit de la récompense » et reproduit la même émotion positive que celle que l’on a vécue sur le moment. « De récentes études ont aussi montré que l’optimisme était contagieux, explique la psychologue. Il se révèle transmissible par simple contact. Non seulement le plaisir se démultiplie mais pleine d’énergie, vous attirez plus facilement à vous chance et succès. »

– J’ai testé ! « Cela tombe bien, j’ai une très bonne nouvelle sous la main : ma fille décide de s’accrocher en prépa ! Je la partage sur Facebook (et récolte des commentaires élogieux sur mes compétences maternelles), je téléphone à ma mère (qui envoie un chèque à ma fille qui me fait partager sa joie) et… champagne avec mon conjoint ! Ou comment le bonheur fait boule de neige… »

Reformuler sans négation
– Le constat : « La manière de nous exprimer impacte non seulement notre humeur mais notre façon d’appréhender la réalité et donc, par ricochet, nos comportements », souligne Yves-Alexandre Thalmann, psychologue et auteur de « Devenir optimiste grâce à la psychologie narrative » (Marabout). De plus, les formulations négatives sont difficilement assimilables par le cerveau. Si on vous demande de ne pas imaginer un éléphant rose, c’est la première chose que vous ferez !

– L’exercice : À la place de « N’aie pas peur », « N’oublie pas de », « Ne prend pas froid » dites plutôt : « Aie confiance », « Rappelle-toi », « Couvre-toi bien ». Idem pour formuler un objectif : « J’arrête de fumer » devient « J’ai envie d’avoir une jolie peau » !

– Les bénéfices : Pour Yves-Alexandre Thalmann, « choisir d’interpréter positivement tel ou tel événement est un parti-pris qui nous permet de nous concentrer sur ce que nous avons plutôt que sur ce qui nous manque. En outre, l’expression négative d’un objectif constitue un obstacle majeur à sa réalisation : comment satisfaire en effet un non-désir ? »

– J’ai testé ! « Mon challenge de la soirée (devant témoins) : ne pas prononcer une seule fois une expression négative. Sinon, j’ai un gage ! Impossible. Mais je persévère. Et malgré mes nombreuses rechutes, j’observe que mes enfants m’obéissent davantage. Un point de gagné ! »

S’entraîner à « décatastropher »
– Le constat : « Un optimiste perçoit la moindre difficulté comme passagère, contextuelle, attribuable aux circonstances extérieures », note Cécile Neuville. Quand l’optimiste jugera : « Je n’ai pas eu la promo que je visais. Normal, il y avait trop de concurrence sur ce poste-là ! », le pessimiste, lui, s’affligera : « Normal, je n’ai jamais de bol ! »

– L’exercice : « A chaque contrariété, commencez par prendre le pli de vous dire : « Aujourd’hui, tout ne s’est pas si bien passé mais demain, ça ira mieux», recommande Cécile Neuville. Car le lendemain, trois fois sur quatre, le problème nous paraît moins insurmontable ou s’est résolu. En cas de « galère », projetez-vous dans 6 mois : « Quel souvenir, honnêtement, vais-je en garder ? »

– Les bénéfices : « Ces exercices nous forcent à relativiser la difficulté, qui n’apparaît plus comme une montagne à gravir, mais comme un petit point noir sur une page blanche», constate la psychologue.

– J’ai testé ! « Quand j’ai un différend avec mon homme, je vois rapidement tout en noir… Pour l’article, je fais un effort : « Demain, tout sera oublié. » Pas évident, les angoisses me rattrapent. Seule une bonne explication m’aide à tourner la page… »

Adopter la « position du Martien »
– Le constat : « Etre capable de revenir aux faits et à leur description objective est essentiel pour qui ne veut pas se laisser emporter par le tourbillon émotionnel des interprétations subjectives », souligne Yves-Alexandre Thalmann.

– L’exercice : « Utilisez des tournures (à voix haute) comme : « Je suis en train de penser que » ou « Mon esprit me souffle que », conseille le psychologue. Et surtout, demandez-vous s’il n’existe pas une ou plusieurs autres explications tout aussi plausibles. Identifiez-les en vous obligeant à multiplier les « parce que ». »

– Les bénéfices : « Evaluer la crédibilité de nos hypothèses est une étape qui apporte déjà un grand bénéfice émotionnel, fait remarquer Yves-Alexandre Thalmann. Elle nous permet de privilégier les suppositions les plus probables, qui sont généralement aussi les moins dramatiques. »

– J’ai testé ! : « Pas de carte de ma copine partie en vacances à Berlin ! Je conclus sans preuve : « Elle ne pense pas à moi ». Mais peut-être aussi que la carte s’est perdue, qu’elle s’est tellement amusée qu’elle n’a pas eu le temps d’écrire… Je décide de lui accorder le bénéfice du doute. Du coup, j’appréhende moins son retour ! »

(1) Tali Sharot (Marabout)
(2) Shawn Achor (Belfond)
(3) Leo Bormans (Les Editions de l’Homme)

Source : www.femmeactuelle.fr/bien-etre/bien-dans-ma-tete/c-est-decide-je-cultive-l-optimisme-03020

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